51 heures dans un bus en route vers l'est: Vieng Kham et Sam Neua au Laos

Vidéo de notre bus de 51 heures






Le 4 octobre la route vers l'est : Vieng Kham et Sam Neua
Nous trouvons un transport vers Vieng KhamAprès s'être informé à des chauffeurs de bus, on reste béant! Il n'y a pas de transport vers l'est soit vers Vieng Kham d'après eux à partir d'ici (Nong Khiaw). Nous devons prendre un bus pour Luang Prabang et remonter par une autre route! Quel détour inutile, surtout que le temps de notre visa tire à sa fin? Nous aurions bien aimé faire le tour par l'est près de la frontière du Vietnam avant de faire prolonger nos visas à Vientiane. Par chance nous reconfirmons l'info qui nous semble peu probable à un homme dans la rue près de l'office du touriste. Le chauffeur de bus voulait sûrement remplir son véhicule en nous donnant une information erronée car il y a bien un bus dans la direction que nous désirons. Un petit 50 km et trois heures de route nous séparent de Vieng Kham d'où nous prendrons un bus pour Sam Neua.


Arrivée à Vieng KhamNous faisons le trajet avec deux autres touristes : Marcus d'Angleterre et Mindy de Nouvelle-Zélande, nous arrivons à Vieng Kham comme prévus passé l'heure du lunch. Un petit problème nous tracasse. Il n'y a qu'un bus pour Sam Neua et c'est de nuit... Il passe vers 10 h, 11 h, 12 h et même parfois 2 h du matin. La première ouest house que nous visitons nous dit qu'il nous réveillera lorsque le bus arrivera en ville. Les chambres ne nous conviennent pas pour le prix et l'accueil pas terrible. Mindy nous dit qu'elle a vu un guest house sur la route au début du village lorsque nous sommes arrivés. Nous optons pour trouver celle-ci. Après beaucoup de marche, nous nous informons et la trouvons. Une chose bien drôle avec les touristes qui ont comme premier langage l'anglais; c'est qu'ils pensent que tout le monde parle leur langue. À plusieurs reprises, nous avons pu constater cela en route. Ils s'acharnent comme si ce n'était pas possible que la personne ne parle aucun mot de leur langue. Pendant qu'ils s'acharnaient pour demander l'info pour le guet house : nous avons fait le signe à l'arrière d'eux de dormir pour trouver le guet house... L'homme comprend et nous donne la direction. Tout surpris qu'il ait compris d'un coup, après plusieurs phrases d'effort, ils nous regardent avec des points d'interrogation dans les yeux. On leur dit qu'avec un signe c'est souvent plus facile.

Confidences intéressantes
Le guest house River Side est beaucoup plus agréable et un gentil monsieur, le voisin, nous accueille chaleureusement. Nous faisons un peu la sieste et partirons ce soir. Nous allons tous manger chez le monsieur qui nous a accueillis nous commandons chacun un plat simple qu'il y a sur son menu. Il nous parle des touristes qui ont disparu de la région depuis quelques années. Ça fait 8 semaines que personne n'est allé dans son resto et la guesthouse. Les touristes prennent maintenant des bus directs et ne font plus d'arrêts dans la ville. Et avec les horaires de bus de nuit, on comprend que ça décourage! Il n'y a pas de chose spectaculaire pour attirer les touristes et avoir de l'aide du gouvernement : il n'y a que de la nature et un village. En plus, il n'y a plus d'électricité depuis plus de 5 mois... même pas les trois heures par jours dont plusieurs villages bénéficient. Il dit se sentir délaissé du gouvernement qui s'est pourtant bien servi de la région et des gens de celle-ci lors de la guerre. Ils ont fait de la nourriture et offert des toits aux soldats et beaucoup de villageois sont morts. Tout ce qui s’est passé pour cette guerre est très complexe pour nous. On a peu entendu parler de cette guerre sinon en nommant le Viet Nam seulement. Il dit que les États-Uniens donnent beaucoup d'argent au Laos. Ils acceptent l'argent car ils en ont besoin et pourquoi pas après tout? Mais il nous dit en riant que ces Américains sont stupides car la population les déteste et n'a pas pardonné... Ils prennent l'argent car ça leur est utile et non parce qu'ils ont oublié. Ils rient aussi que les USA se pensaient bien fort mais qu'en fait les Français ont été plus fort car ils sont restés plus longtemps au Laos... Mais il est plus qu'heureux de dire que le Laos est libre maintenant. C'est intéressant pour nous d'entendre ce que pense un local de cette guerre même si plusieurs doivent avoir des opinions différentes. (Ce n'est qu'un point de vue parmi plusieurs nous en sommes conscients.) Il le dit crûment mais c'est ce qu'il pense. Encore une fois on est bien content d'être Canadien!


Un long trajet de 51 heures pour 320 km vers Sam Neua

Première journée
À peine avons-nous terminé notre souper que nous entendons un bus klaxonner dans la rue. L'homme du resto nous dit que c'est le nôtre. Il est 20 h et nous pensions qu'il arriverait vers minuit! Avoir su nous n'aurions pas loué une chambre... L'homme fait arrêter le bus pendant que nous allons chercher nos sacs au guest house. Nous sommes heureux de voir que c'est un vrai bus avec sièges. Nous en avons pour 7 h en théorie. Nous prenons place dans les sièges étroits et peu de place pour les jambes mais on s'en contentera. On sommeille par moment entre les arrêts fréquents du bus. À un moment le bus s'arrête : le chauffeur va à l'arrière sur les boites et les sacs et nous fait signe qu'il se couche avec le le signe « trois » On désespère... trois heures à attendre que notre chauffeur se repose. Ça fait déjà 7 heures que nous sommes en route et avec le GPS on peut voir que nous sommes à moitié chemin seulement. On s'impatiente et comme on est stressé on ne dort plus. Après 30 minutes, le cadran de notre chauffeur sonne; quelle chance c'était une pose de 30 minutes! On reprend la route. Nous roulons lentement. La pluie tombe en continu depuis deux jours. Il y a quelques arbres jonchant sur la route mais il y a toujours de l'espace pour passer. Les autres véhicules ayant fait un chemin avant nous. Nous arrêtons plus loin à deux reprises pour couper des arbres qui sont là depuis peu... Avec la machette d'un des passagers le tout est réglé dans des temps acceptables. Il fait déjà clair et nous voyons la route défaite par endroits. C'est pour cette raison que c'était si long cette nuit.


Deuxième journéeOn s'arrête encore une fois, dans un village cette fois-ci. Quelques chauffeurs parlent entre eux. Une personne qui parle un peu anglais (quelques mots) nous dit que la route est bloquée plus loin, et nous devrons attendre un moment. Il dit peut-être une journée! Nous on y croit pas. On prend des paris avec les deux touristes pour le temps que ça va prendre. Ça fait déjà 12 heures que nous sommes dans le bus, il est 8 h. On aura tous perdu pour les paris; car le plus pessimiste avait dit que nous arriverions à 16 h de la même journée! Personne ne fait rien et personne n'a l'air dérangé de ce qui se passe. Nous allons à la recherche de quelques trucs à manger mais il n'y a presque rien ici. On se dit que nous attendrons d'arriver à Sam Neua pour nous payer un bon lunch. Deux femmes de notre bus arrivent en courant avec de bonnes nouvelles, à voir leurs figures. Il est 9 h et le bus démarre. Nous faisons deux kilomètres très lentement en évitant les éboulis sur la route et les morceaux de route manquants. Après ces deux kilomètres le bus se stationne derrière d'autres véhicules. Nous attendons dans le bus sans que personne se presse de faire quoi que ce soit. La patience des Laotiens nous surprend. Notre bus choisit un endroit un peu plus sécuritaire pour les éboulis. Le chauffeur installe une toile à l'extérieur et fait un feu. On n'y croit pas! Vers midi, on commence tous à avoir très faim. Marcus de l'Angleterre va voir pour de la bouffe et nous regardons de notre côté. Le chauffeur du bus et d'autres lao se font cuire des oeufs dans le feu. Nous demandons le prix, c'est un prix correct, malheureusement la cuisson n'est pas super. Nous mangeons tout de même quelques oeufs un peu crus. Marcus a trouvé des oranges. Vers 15 h, les gens nous confirment que nous resterons la nuit ici. Il faut donc trouver à manger. Les deux gars (Dany et Marcus) vont donc au village à 2-3km de là. Ils trouvent un petit market mais pas de resto ou de nourriture prête à manger. Ils achètent donc des nouilles instantanées et demandent à la dame de les faire cuire pour eux. Elle accepte très gentiment et les divise dans de petits sacs de plastique. Ils achètent aussi de l'eau et quelques sucreries. Nous n'avons pas d'ustensiles mais pour une seconde fois, Dany fabrique des baguettes avec des branches. Nous avons donc les ustensiles, et la bouffe. On se régale du plat encore chaud à leur retour. Ce sera notre dîner souper. En soirée, nous jouons un peu aux cartes pour passer le temps et on se couche tous très tôt dans nos sièges en espérant que nous partirons à l'aube.

Troisième journée
Nous nous réveillons à l'aube... dans un bus, on se lève tous à la même heure. Quelle nuit affreuse les jambes coincées. Nous essayons tant bien que mal de nous dégourdir. Pour le déjeuner nous avons la surprise des villageois : ils ont compris qu'il y avait de l'argent à faire avec ça. Ils nous offrent quelque choix de nourriture : petits gâteaux, sticky riche et de minuscules morceaux de poulet grillé délicieux. On se régale, nous avions très faim. On essaie de savoir ce qu'il en est. Un peu difficile mais tous semble pessimiste. Dany va voir le chemin bloqué. Il continue jusqu'au village plus loin à 4-5 km à travers les arbres tombés et la boue. Par endroits il y en a plus qu'aux genoux. Il revient avec de la bouffe pour le dîner. Du riz et des nouilles. Marcus et Mindy ont décidé de faire les 35km qui nous séparent de Sam Neua à pied. Nous sommes déjà en fin d'avant-midi et nous hésitons. On leur dit donc au revoir... nous allons y penser jusqu'à demain. Mindy n'est pas capable de supporter une autre nuit dans le bus. Dany a fait 8 km dans son aller-retour vers le village et est peu encouragé par le trajet. Avec nos sacs, ce sera difficile de garder l'équilibre... Et 30 km ça se marche bien dans de bonnes conditions, mais là avec la pluie qui tombe sans arrêt, on n’est pas dans un temps idéal. On attendra demain, et si le bus ne bouge pas, nous partirons à la première heure pour faire le trajet à pied. On est réconforté dans notre choix de rester dans le bus lorsque nous voyons un touriste arriver avec une motocyclette. Il y a un semblant de piste pour celles-ci. Pour les 35km ça leur a pris 6 heures dans la boue à soulever la motocyclette à tout moment. À pied ce serait vraiment l'enfer. Il nous dit avoir vu ce matin des tracteurs commencer à travailler pour ouvrir la route, ça c'est une bonne nouvelle. Nous la communiquons avec notre chauffeur qui est bien joyeux de cette bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle, c'est qu'ils ont l'air d'avancer lentement et que ce sera pour demain le départ. Nous nous faisons à l'idée et passons le temps comme nous le pouvons. On soupe avec du riz blanc et des morceaux de moutons grillés. On communique avec un lao à l'aide de notre petit lexique. Il nous apprend à bien prononcer nos mots en lao. On passe ainsi une partie de l'après-midi. C'est incroyable de voir tout ce monde à attendre si patiemment. Jamais on ne pourrait voir une telle situation dans le calme chez nous. Vers 16 h, on voit les gens qui s'agitent! On voit des policiers qui sont arrivés. Un d'eux parle un peu anglais. On demande les nouvelles. Les tracteurs sont à moins de 10 km de nous. Il est possible que nous puissions partir ce soir ou sinon très tôt demain, tout dépend si le chauffeur du tracteur prend un temps pour dormir ou non. Le sourire est sur tous les visages. Le chauffeur prend la peine de faire jouer de la musique. Vers 19 h on voit un tracteur arriver. On peut passer. C'est avec grande impatience que tous les véhicules essaient de se dépasser... C'est le seul signe d'impatience depuis 48heures... On avance très lentement pendant 10 km en évitant les débris qui sont nombreux. Après ces 10km on est encore bloqué. La boue, très épaisse par endroits à provoqué une embourbé pour un gros véhicule. On reste immobile pendant un long moment puis à notre tour... nous passons la partie très boueuse assez aisément. Nous arrivons à notre destination vers 23 h après 4heures de trajet pour les 35km et 51heures de trajet pour les 320 km qui nous séparait de Vieng Kham à Sam Neua. Je peux tout de même dire que nous avons été très chanceux car c'est la deuxième fois que nous avons un bus comme transport : les autres fois c'était dans des boites de pick-up... On ne veut même pas imaginer comment on aurait pu passer 51 heures dans une boite de pick-up!! Il faut voir la chance où elle est!

Pourquoi nous sommes restés dans le bus?Les villages avoisinants n'avaient pas de possibilité d'hébergement et on ne savait pas quand nous étions pour partir. Nous étions séparés par moins de 35 km de la ville la plus proche mais sous la pluie ce n'est pas un trajet agréable. On ne connaît pas trop la région et les risques d'éboulis sont bien réels et dangereux (c'est la raison pourquoi le bus était bloqué). On a préféré faire comme les locaux et attendre patiemment l'ouverture de la route. Vaut mieux être dans un bus la nuit tombée que dehors sans électricité. Et même si les villageois à quelque km sont bien gentils, ils ne nous ont jamais proposé de nous héberger et on ne se serait pas vu leur demander et insister pour rester chez eux... Pas d'hébergement possible dans le coin. On a donc fait comme les autres. Un bon choix nous pensons.



Par Maryse Guévin et Dany Thibault
Voyage Tour du monde 2006-2010
Photos, vidéos, budget et carnet de route (récits de voyage)

1 commentaire:

  1. J'ai rencontré une route bloqué aussi au Laos mais les Bulldozer était deja là on a attendu 4 heures. Mais 51 heures.. wow! Bravo !!

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